Vers une nouvelle appellation du TSA : Structuration Cognitive Autistique

Introduction : Une évolution nécessaire dans la perception de l’autisme

Cet article n’a pas la prétention de présenter une étude scientifique. Il vise à proposer une réflexion, fruit d’observations, de lectures et d’échanges, sur la façon dont l’autisme est défini et perçu. Le concept de « Structuration Cognitive Autistique » est une approche personnelle qui pourrait et devrait faire l’objet de publications à part entière. Cette évolution serait cohérente avec la volonté de dépathologiser l’autisme et de le considérer comme une condition humaine à part entière.

De plus, il est important de souligner que, dans certains pays nord-américains, une évolution terminologique est déjà en cours. Le terme « Disorder » (« trouble ») est progressivement remplacé par « Condition ». Cette distinction est fondamentale, car le mot « Condition », bien que neutre, reconnaît les spécificités sans sous-entendre une pathologie nécessairement dysfonctionnelle. À travers cet article, nous examinerons en quoi cette évolution est essentielle et proposerons une perspective élargie pour mieux comprendre l’autisme.

Pourquoi une nouvelle appellation est-elle nécessaire ?

Les limites du cadre actuel

L’utilisation du terme « Trouble du Spectre de l’Autisme » (TSA) reflète une vision médicalisée et pathologisante. Cette terminologie, bien qu’elle ait permis d’uniformiser le diagnostic, perpétue une perception déficitaire, centrée sur ce qui est supposé « manquer » ou être « anormal » chez les personnes autistes.

Ce langage véhicule une perception erronée de l’autisme en tant qu’état intrinsèquement dysfonctionnel. Les termes « trouble » ou « déficit », souvent utilisés dans les diagnostics, tendent à renforcer des préjugés qui poussent à voir les personnes autistes comme devant être « corrigées » ou conformées à une norme considérée comme universelle. Cette stigmatisation limite non seulement l’accès à des opportunités éducatives et professionnelles, mais aussi la compréhension même des besoins spécifiques de ces individus.

Par ailleurs, cette terminologie ne parvient pas à refléter la diversité des profils autistiques. Chaque personne autiste est unique, avec des capacités et des besoins très variés. Adopter une approche généralisante revient à nier cette richesse et à restreindre les possibilités de soutien adapté à chaque situation.

Enfin, une focalisation exclusive sur les déficits masque les contributions positives que les personnes autistes apportent à la société. Qu’il s’agisse de compétences exceptionnelles dans des domaines comme les mathématiques, les arts ou la mémoire, ces talents sont souvent sous-estimés au profit d’une perception centrée sur les difficultés. Il est essentiel de changer de regard pour reconnaître et valoriser ces forces.

L’évolution vers « Condition » : une perspective nord-américaine

Dans certains pays nord-américains, on observe un glissement vers une terminologie plus inclusive. Remplacer le mot « Disorder » (« trouble ») par « Condition » reflète une reconnaissance progressive de l’autisme comme une variation naturelle du fonctionnement humain, plutôt qu’une anomalie.

Ce changement linguistique, bien que subtil, a des implications profondes. Utiliser « Condition » permet d’adopter une posture plus neutre et respectueuse, tout en insistant sur la nécessité d’un soutien adapté. Par exemple, une « condition » implique des particularités à prendre en compte, mais ne sous-entend pas que ces particularités doivent être corrigées ou jugées.

Cela correspond également à une approche plus large de la neurodiversité, qui présente l’autisme comme l’une des nombreuses formes d’épanouissement cognitif. Cette perspective met l’accent sur la valeur unique de chaque individu et favorise une société plus inclusive et accueillante.

Qu’est-ce que l’autisme et comment se définit-il ?

L’autisme est une condition neurodéveloppementale d’origine génétique, caractérisée par des différences significatives dans la manière dont le cerveau traite l’information. Ces différences influencent divers aspects de la vie, notamment la perception sensorielle, qui peut être amplifiée ou différente, les interactions sociales, dans lesquelles le contexte joue un rôle fondamental pour interpréter les intentions et les émotions, ainsi que les compétences cognitives. Ces dernières se manifestent souvent par des phénomènes tels que l’hypermnésie, une tendance marquée à structurer les raisonnements de manière rigoureuse, et une capacité accrue à analyser les détails.

Les bases biologiques de l’autisme

Les recherches montrent que l’autisme est associé à des particularités dans la formation des connexions neuronales. Par exemple, certaines études mettent en évidence un nombre accru de connexions dans certaines régions du cerveau, ce qui peut expliquer une perception sensorielle amplifiée ou une attention aux détails. Ces particularités sont influencées par l’expression de gènes spécifiques impliqués dans le développement du système nerveux.

L’autisme est donc une variation biologique de l’être humain, et non une anomalie pathologique. Cela implique une nécessité de compréhension et d’adaptation, plutôt que de correction ou de normalisation.

Les conséquences sur la perception sensorielle et cognitive

Les personnes autistes présentent souvent des différences marquantes dans leur perception sensorielle. Par exemple, certains autistes peuvent être hypersensibles à la lumière, au bruit ou aux textures, tandis que d’autres peuvent rechercher des stimulations sensorielles intenses. Ces variations sensorielle influencent la façon dont les autistes interagissent avec leur environnement et peuvent être perçues comme des forces adaptatives dans certains contextes.

En outre, la cognition autistique est souvent caractérisée par une pensée en détail et une capacité à identifier des motifs complexes. Ces particularités, bien qu’elles puissent être sources de défis, sont également à l’origine de nombreuses contributions positives dans des domaines variés.

De la pensée autistique à la structuration cognitive autistique

Le concept de « structuration cognitive autistique » propose de réévaluer l’autisme à travers le prisme de ses spécificités cognitives. Inspiré par des lectures, notamment le livre de Brigitte Harrisson, ce concept cherche à aller au-delà des diagnostics traditionnels pour mieux comprendre les structures internes qui sous-tendent le fonctionnement autistique.

Différentes dimensions de la structuration cognitive : richesse et diversité des expériences autistiques.

Ces dimensions illustrent les multiples facettes du fonctionnement cognitif autistique, chacune reflétant des adaptations uniques à leur environnement. Elles mettent en évidence une diversité qui, lorsqu’elle est reconnue et valorisée, contribue à changer le regard porté sur l’autisme.

  1. La perception sensorielle : La manière dont les autistes perçoivent le monde est souvent unique. Plutôt qu’une déficience, ces différences peuvent être perçues comme des adaptations particulières. Par exemple, une sensibilité accrue au son peut être un atout dans des professions requérant une écoute attentive.
  2. L’empathie autistique : Souvent mal comprise, l’empathie autistique ne se manifeste pas toujours de manière conventionnelle. Elle est fortement dépendante du contexte et de l’expérience individuelle. Les autistes peuvent avoir une capacité profonde à ressentir les émotions des autres, mais expriment cette empathie de manière différente.
  3. La compréhension des implicites : Les difficultés avec les implicites sont une caractéristique courante, mais elles peuvent être surmontées avec des stratégies adaptées. Cela reflète une différence dans le traitement de l’information, et non une incapacité.
  4. Les co-occurrences : De nombreuses caractéristiques associées à l’autisme, telles que l’hyperlexie (capacité de lecture avancée) ou l’hypermnésie (une mémoire exceptionnelle), trouvent leur origine dans des particularités génétiques. Ces traits sont essentiels pour comprendre l’ensemble du fonctionnement autistique.

Une perspective inclusive et humaniste

En adoptant le concept de structuration cognitive autistique, nous pouvons replacer l’autisme dans le cadre plus large de la diversité des structurations cognitives humaine (une sorte de biodiversité mais au niveau neuro-biologique). Cela permet de mettre en avant les contributions uniques des individus autistes tout en reconnaissant leurs besoins.

Conclusion

En adoptant des terminologies telles que la « structuration cognitive autistique », nous pouvons réorienter les perceptions sociétales et poser les bases d’une évolution scientifique et inclusive. Cette démarche promeut une reconnaissance pragmatique des singularités, tout en affirmant que l’autisme constitue une variation naturelle de la condition humaine. Ce cadre ne minimise en rien les besoins de soutien des personnes autistes, mais valorise leur singularité dans une perspective positive et adaptée. Il est temps de considérer l’autisme autrement : non pas comme un trouble, mais comme une dimension essentielle de la diversité humaine. Par exemple, dans un groupe de travail réfléchissant à une stratégie complexe, une personne autiste pourrait exceller à repérer des détails importants qui échapperaient au reste de l’équipe, permettant ainsi d’anticiper des problèmes ou optimiser le projet

Tout Simplement.

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